Une juriste prône la réglementation de la polygamie



Dakar, 6 fév (APS)- Me Fatoumata Guèye, Secrétaire générale de l’Association des femmes juristes du Sénégal (AJS), a estimé mercredi à Dakar qu’il faut modifier le Code de la famille pour réglementer la polygamie afin d'arrêter le ‘’déséquilibre et l’insécurité’’ qu’elle cause dans les familles.

‘’Nous voulons que le législateur exige le consentement de la première épouse dans le cadre de la cohabitation et d’autres facteurs quand le mari veut prendre une seconde épouse. Il faut aussi s’assurer que le mari dispose suffisamment de moyens pour entretenir ses épouses’’, a dit Me Guèye.

La Secrétaire générale de l’AJS s’exprimait au cours d’une table-ronde sur ‘’La polygamie au Sénégal : L’évolution, les formes et les perspectives’’ organisée par le Laboratoire de l’imaginaire de l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN).

‘’Au sein de l’AJS nous avons jugé nécessaire qu’il y ait une modification dans le Code de la famille en s’inspirant du Code de certains pays très progressistes pour la protection de la famille’’, a-t-elle déclaré.

Selon Me Fatoumata Guèye, ‘’la polygamie est souvent source de déséquilibre et d’insécurité dans la famille. Elle est à l’origine de pratiquement tous les maux de la famille’’. C’est pourquoi, a-t-elle ajouté, ‘’nous plaidons également que l’option monogamie de l’article 116 du Code de la famille soit appliquée quant le mari s’abstient de choisir’’.

Selon l'article 116, c'est l'officier d'Etat-civil qui recueille l'option de monogamie ou de de limitation de polygamie.

Abordant l’aspect religieux du sujet, Babacar Samb, chef du Département d’arabe DE l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a relevé que contrairement aux différentes interprétations des textes islamiques, l’Islam n’encourage pas la polygamie.

‘’La législation islamique a posé beaucoup de contraintes quant-il s’agit de prendre une deuxième épouse ou plus. Et la plus contraignante reste le fait que le mari doit réserver une égalité de traitement à toutes les femmes et aux différents enfants, ce qui est loin d'être le cas dans l'état actuel des choses’’, a-t-il expliqué.

Le professeur Babacar Samb a par ailleurs invité les autorités sénégalaises à établir une enquête au niveau judiciaire et dans les mosquées avant que l’homme ne prenne une seconde épouse afin de prendre en compte les contraintes d’espace et de moyens financiers.




SDI/OID

Accueil | Envoyer à un ami | Version imprimable | Augmenter la taille du texte | Diminuer la taille du texte
Société


Dans la même rubrique :
1 2
Inscrivez-vous.entrez votre email pour garder le contact car nous avons besoin de vos avis et suggestions.merci d'avance