Mise en place de comités de vigilance : Un moyen pour barrer la route à l’exploitation illégale de la forêt



Pour sauvegarder les dernières réserves forestières dans la région de Sédhiou, huit communautés rurales tentent d’apporter des solutions à l’exploitation abusive et illégale de la forêt. Les élus de ces collectivités locales comptent implanter dans chaque village un comité de vigilance pour une gestion rationnelle des ressources naturelles.

La surveillance des forêts se heurte à de nombreuses difficultés dans la nouvelle région de Sédhiou. La présence d’un seul agent forestier dans chaque arrondissement ne garantit pas le contrôle strict des ressources naturelles. Une situation favorable à l’exploitation abusive et illégale des forêts.
Conséquences : le vaine, le ‘dimb’ et le bambou qui font l’objet d’une agression sauvage et quotidienne, sont des espèces menacées de disparition. Mais la mise en place des comités villageois de gestion et de développement pourrait être une alternative à ce phénomène dévastateur. Ces comités de vigilance permettront une gestion beaucoup plus rigoureuse des ressources naturelles, selon le chef de service régional de l’environnement de Kolda. ‘Ces comités de vigilance peuvent relayer le service forestier dans le cadre de sa mission de protection et de conservation des forêts. Parce qu’aujourd’hui, nous savons tous que les services techniques de l’Etat ont un problème de personnel. Quand, dans un arrondissement, il y a un seul agent pour couvrir tous les massifs forestiers des communautés rurales, c’est sûr et certain qu’il y aura toujours des infractions qui ne seront pas constatées’, estime Baba Dramé. Mais, ajoute-t-il, ‘si dans chaque communauté rurale et dans chaque village, nous avons un comité de vigilance qui supplée l’agent forestier sur le terrain, nous pouvons aller dans le sens d’une protection beaucoup efficace de nos forêts. Puisque c’est une compétence transférée, si les communautés rurales jouent leur rôle et mettent en place ces comités de surveillance et de vigilance, le service forestier pourra trouver des collaborateurs et des partenaires qui vont l’assister dans la surveillance des forêts’.

La démarche a été approuvée par les collectivités locales qui entendent s’impliquer pleinement dans la lutte contre l’exploitation illégale de la forêt. Pour Abdou Sidibé, le président de la commission environnement de la communauté rurale de Bambaly, les collectivités ont intérêt à œuvrer dans ce sens, ne serait-ce que pour des questions de survie. De son point de vue, ‘il n’y a que la mise en place de ces comités de vigilance qui permettra de lutter de façon efficace contre la fraude’.

Au terme d’une série d’ateliers initiés dans huit communautés rurales de Sédhiou, par un consortium de quatre Ong de la région et sur financement de l’Union européenne, les élus locaux et les acteurs de la société civile devront désormais s’impliquer dans la gestion de l’environnement et des ressources naturelles afin de sauvegarder les dernières réserves forestières.

Wal Fadjri

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Développement durable


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