TAMBACOUNDA :KOUSSANAR S’APPROPRIE LA « GOANA »

Koussanar, arrondissement de l’immense région de Tambacounda planche sur la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana), la nouvelle trouvaille du chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade. Au terme d’un Comité local de développement (Cld) tenu sur la question, les populations ont salué l’initiative, même si elles n’ont pas manqué d’exprimer quelques craintes liées surtout à la proximité de la saison hivernale.



Des facteurs jugés favorables

Ce sont des populations plus que jamais déterminées à se battre contre les difficultés qui les assaillent et qui ont pour nom la cherté des prix des denrées de grande consommation, que le chef de l’exécutif de l’arrondissement de Koussanar et son équipe ont rencontrées hier jeudi, au cours d’un Cld cherchant à s’approprier la Goana. Ismaila Gaye, pédagogue, a restitué à l’assistance la quintessence du nouveau projet du chef de l’Etat. A sa suite, les techniciens ont donné un aperçu sur les potentialités offertes par les communautés rurales de Sinthiou Malème et Koussanar qui constituent l’arrondissement qui dispose, à ce jour, de 212 985 ha de superficies cultivables dont seules 64 255 sont exploitées, ce qui fait quelque 148 730 ha sont encore disponibles, compte non tenu des 113 20 ha de forêts classées. Ces sols sont propices à l’agriculture avec 95% de « Deck Dior », 1.07% de bas-fonds contre seulement 3.90% de sols rocheux et stériles.

Les autres atouts non négligeables brandis par les techniciens de l’arrondissement concernent les 4 cours d’eau qui traversent la contrée, le plus grand de la région le « Sandougou », le « Boyé Balédji », le « Wouro Séno » et le « Mayel Déby » qui présentent tous la particularité de tarir dès le mois de décembre. Il s’y ajoute les eaux souterraines que l’on peut atteindre entre 20 et 60 m.

L’arrondissement de Koussanar, à en croire les chefs de services membres du CLD, dispose d’un gros potentiel en élevage avec 50 497 bovins, 25 725 ovins, 6809 caprins et une importante colonie d’équins et d’asins de l’ordre de 3 493 têtes.

Contraintes soulevées par les populations

La première épine qui semble inquiéter les producteurs, c’est la justesse de la chose. Les producteurs se posent des questions sur la faisabilité d’un tel projet avec tout ce que cela demande comme préalables (défrichement, mise en place des intrants, maîtrise de l’eau par exemple), dans la mesure où la saison hivernale pointe déjà à l’horizon dans la région orientale. L’autre contrainte mise en exergue par les communautés de producteurs est inhérente aux détournements d’objectifs souvent constatés, parfois même avec la complicité des producteurs eux-mêmes. A cela se greffe la problématique de l’appauvrissement des sols ainsi que la réhabilitation des forages. Sur toutes ces questions, le sous préfet a tenté de rassurer les producteurs en réaffirmant la ferme détermination des autorités en charge de ce projet à tout mettre en œuvre afin que les équipements nécessaires et les intrants soient mis en place dans les meilleurs délais mais, avertit Ismaila Gaye, « ceux qui croient que cette fois-ci ils pourraient se livrer à leur jeu favori consistant à opérer des détournements d’objectifs ou en ravitaillant la Gambie voisine, n’ont qu’à se mettre en tête qu’ils seront traqués et de façon impitoyable ». L’intime conviction du sous-préfet, et qu’il a d’ailleurs signifié publiquement aux représentants des producteurs, c’est qu’ils sont eux-mêmes la source de leurs déboires. Mr. Gaye dira par rapport à la politique de maîtrise de l’eau, certaines retenues d’eau prônées par les producteurs seront réalisées, comme ce sera le cas pour le barrage que réalisera le Projet d’Appui à la Petite Irrigation Locale sur le Sandougou, à hauteur de Sinthiou Malème ainsi que le bassin de rétention de Saré Gayo.

Stratégies de mise en œuvre de la Goana

C’est une commission technique présidée par le sous préfet, coordonnée par le chef du CADL et dont sont membres tous les chefs de services techniques, les responsables de projets, ONG et programmes, les présidents de conseils ruraux, les OCB, les groupements de femmes, les mouvements de jeunesse, les organisations de producteurs, les éleveurs qui se chargera de la mise en œuvre pour garantir la transparence. Déjà, la commission, pour parer au plus pressé, mettra en branle la machine, sous la houlette du sous-préfet, pour sillonner les coins et recoins de l’arrondissement et prêcher la bonne parole, collecter des informations devant être transmises dans les meilleurs délais au niveau central. La commission, outre le fait d’appuyer et de conseiller les producteurs et les conseils ruraux, émettra des avis techniques sur tous les projets agricoles, suivra et contrôlera la mise en place des intrants, identifiera des pôles possibles d’émergence agricole, recensera les casiers rizicoles, suivra l’évolution végétative, la situation phytosanitaire, les récoltes et la commercialisation avant de procéder à l’évaluation de la campagne. Autant de choses qui font espérer à plus d’un que cette fois ci, l’arrondissement de Koussanar se distinguera parmi les plus performants dans le combat pour la souveraineté alimentaire.

Sud Quotidien

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Lutte contre la pauvreté


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