ENTRETIEN AVEC...Pape Moussa Thior, Coordonnateur du Pnlp, sur les moustiquaires imprégnées

Malgré les points faibles qui ont été notés dans presque toutes les localités du pays dans la distribution des moustiquaires, le Coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp), affiche une parfaite satisfaction de cette campagne. Pour lui, les résultats sont plus que satisfaisants, dans la mesure où la moyenne nationale a dépassé les 100 %.



ENTRETIEN AVEC...Pape Moussa Thior, Coordonnateur du Pnlp, sur les moustiquaires imprégnées
Quel bilan vous tirez de ces journées de distribution de moustiquaires imprégnées organisées dans tout le pays ?
Nous ne pouvons qu’être très satisfaits de ces journées de distribution de Milda. Alors que l’objectif initial était de 85 %, vous avez vu que nous l’avons largement dépassé. Parce que toutes les régions ont presque atteint 100 % et donc la moyenne nationale est estimée aujourd’hui à presque 102 %. La leçon principale que je tire, c’est l’importance de l’organisation et de la coordination de nos activités. Cela fait deux ans que nous sommes en train de travailler sur cette campagne et malgré tous les points faibles notés, dans toutes les localités du pays, personne ne nous a dit qu’il y avait une moustiquaire qui n’est pas arrivée à temps. Toutes les moustiquaires sont arrivées à temps, les intrants également. Donc, nous avons pu organiser tant bien que mal cette campagne de distribution et les résultats sont-là, très satisfaisants.
Mais, dans la présentation de Dakar, on a remarqué que dans six districts sanitaires, la campagne n’a pas pu se faire. Qu’est-ce qui s’est passé ?
A Dakar, ce qui s’est passé, c’est qu’on a eu un retard d’un fournisseur qui n’a pas livré à temps des moustiquaires. Donc, comme vous l’avez vu, nous avons préféré privilégier les régions reculées et donc, le mois prochain, si les moustiquaires arrivent, il n’y aura aucune difficulté pour nous de rappeler les partenaires pour distribuer ces moustiquaires assez rapidement. Donc, c’était un choix stratégique, plutôt que de priver Kédou­gou, nous avons préféré priver 6 des sites de la région de Dakar.
Aujourd’hui, quelle est la situation du paludisme au Sénégal ?
Avant même qu’on organise cette campagne, nous avions noté de fortes tendances à la baisse avec l’introduction des Test de diagnostic rapide (Tdr), l’introduction des Act et nous pensons qu’avec cette campagne, qu’­on a organisée avec ce groupe ci­ble qui est très important, on peut encore infléchir davantage les courbes de mortalité et de morbidité liées au paludisme.
Pour revenir à la situation de Dakar, on a vu que dans certaines parties de la banlieue, des ménages sont restés sans moustiquaire, qu’est-ce qui sera fait pour ces enfants laissés en rade ?
Ce qui s’est passé est très clair. Quand vous faites une estimation de besoins, vous la faites, sur la base des données administratives. La Direction de la prévention et des statistiques pu­blie des données chaque année pour dire que la population des départements et celle des régions, sont de tel. Alors nous, c’est sur cette base qu’on achète les moustiquaires. Main­te­nant qu’est-ce qui se passe quand vous ve­nez dans un quartier pour distribuer des moustiquaires ? Vous dites : «Je vais donner ces moustiquaires à des enfants âgés de 6 à 59 mois.» Mais il y a des enfants qui ont moins de six mois qui vont venir. Tout comme aussi, il y a des enfants qui ont un peu plus de 5 ans qui vont venir. Il y en a même des gens qui ont proposé de l’ancre indélébile, mais quand même, en matière de santé publique, en arriver à identifier les bénéficiaires avec de l’encre, on n’en arrivera pas là.
Pour nous, protéger un enfant de plus de 5 ans, même s’il n’est pas ci­blé, c’est quand même intéressant. C­’­est ce qui fait que les cibles sont un peu difficiles à maîtriser. L’autre problème, quand vous allez dans des zones transfrontalières, avec l’intégration africaine, sous-régionale dont on parle, on ne peut pas empêcher les populations de se déplacer, pour venir profiter des distributions de moustiquaires, par exemple. En tout cas, nous, nous n’avons pas donné de con­signes particulières pour qu’un enfant gambien ne soit pas vacciné ou qu’il ne soit pas doté de moustiquaires. Ça peut expliquer les différents problèmes qu’on a eus. Mais, ça c’est connu dans toutes les campagnes au monde et ce ne sont pas des insuffisances majeures pour une campagne de voir des gens çà et là, qui ne disposent pas de moustiquaire. Cela ne peut pas remettre en cause la validité et l’intérêt des résultats.
Quelle appréciation faîtes-vous de l’absence de motivation des relais sur le terrain ? Parce que, des techniciens dans la salle ont évoqué la question et ça semble préoccupant.
Nous, nous avons fait des supervisions au niveau de l’ensemble du pays et aucun relai ne nous a parlé de ce problème de manque de motivation. Je comprends, quelques fois que le personnel voulant très bien faire, essaie d’obtenir le maximum. Mais, les volontaires qui nous appuient, ne prétendent pas à des salaires, parce que nous ne pourront jamais les payer. Ce que nous faisons, c’est de la collaboration et nous, nous faisons du partage des ressources avec eux.

Le Quotidien

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Programme National de Lutte contre le Paludisme


Commentaires articles

1.Posté par Mademba Dieye le 10/10/2009 15:28
il se trouve que pour les moustiquaires l'essentiel est que presque tout le monde dort sous moustiquaire grace aux actions conjuguées des ONG sur les zones de couverture respectif.

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